Pendant que l'IA aspire des milliards, une vague de fondateurs construit à contre-courant : des jeux de société high-tech (Board de Brynn Putnam), des ordinateurs DIY « cyberdecks » qu'on a envie de bidouiller plutôt que de scroller. Ce n'est pas du technophobisme — c'est l'inverse. Ces outils réintroduisent la friction, le tactile, la présence physique comme *feature* et non bug. Le signal faible : quand on déverrouille enfin la vraie valeur d'un produit tech, c'est souvent en mettant l'écran de côté.
Les cyberdecks, ces petites machines modulables qu'on construit soi-même, cartonnent sur les réseaux parce qu'ils font l'inverse du smartphone — ils demandent de l'attention *dirigée*, pas celle piquée par un algorithme. Board, lui, misait sur une vérité enfouie sous les couches d'engagement metrics : les gens aiment vraiment être ensemble, physiquement. Pas de notifications. Pas de like.
Le paradoxe : plus l'IA devient omniprésente, plus les founders avisés voient l'opportunité dans *l'absence*. Pas parce que c'est anti-tech, mais parce que la vraie rareté, désormais, c'est l'attention non-médiatisée.
Ce mouvement dessine peut-être le marché de demain : moins "faire plus avec l'IA", plus "faire différemment sans elle". Les VC qui regardaient l'IA exclusive commencent à noter les structures fondamentales de ce que les humains oublient de chercher.

