Les patrons des grandes boîtes tech se montrent régulièrement catastrophistes sur l'IA — extinction de l'humanité, fin du travail, apocalypse imminente. Pendant ce temps, ils lancent des produits, lèvent des milliards et construisent des empires. D'où vient ce décalage entre le discours doomiste et les actes?
Deux lectures possibles. La première : c'est du marketing. Jouer les Cassandre attire l'attention, justifie les régulations favorables à qui les prononce, et crée une aura de sérieux moral autour de projets qui restent, fondamentalement, des affaires. La seconde : c'est une forme de dissonance cognitive. Ces mecs voient vraiment des risques existentiels, mais le momentum des affaires les pousse à avancer quand même.
La première : c'est du marketing.
Sauf que cette distinction importe moins qu'on ne croit. Le résultat est identique : on écoute des prophéties sur la fin du monde de la part de gens qui, en pratique, parient leur fortune que ça n'arrivera pas. C'est pas de la psychose, c'est du cynisme très rentable — ou de la mauvaise foi inconsciente. Les deux, probablement.
La vraie question n'est pas s'ils y croient. C'est : pourquoi on les laisse écrire les règles du jeu qu'ils prétendent dénoncer?

