Le Parlement européen vote en ce moment même la régulation de l'euro numérique. L'Eurosystème le déploiera d'ici 2029. Sauf que : faut-il laisser les banques centrales tracer chaque transaction des citoyens ?
La CNIL et son homologue allemand sonnent l'alerte. Ils ne veulent pas d'une « monnaie du panoptique » — un système où chaque achat est enregistré, profilé, potentiellement revendu à des fins de contrôle ou de ciblage. L'enjeu : préserver la vie privée dans un écosystème où la traçabilité financière est déjà quasi-totale. Les autorités de protection des données poussent pour des garde-fous : anonymat partiel, limites strictes d'accès aux données, absence de lien automatique avec l'IA de scoring de crédit.
Elles permettent le contrôle fiscal, bien sûr.
La réalité : les gouvernements adorent les traces numériques. Elles permettent le contrôle fiscal, bien sûr. Elles permettent aussi le contrôle tout court. D'où la friction. La CNIL négocie actuellement pour que l'euro numérique ne devienne pas un outil de surveillance financière de masse déguisé en monnaie du futur.
// Laisser les banques centrales tracer chaque euro dépensé, c'est transformer la vie privée en option payante.

