Les deepfakes pornographiques ne sont plus une dystopie lointaine. Jennifer, une chercheuse, a découvert en 2024 que sa photo professionnelle alimentait déjà des vidéos synthétiques explicites créées plus de dix ans avant — époque où elle était actrice du secteur. Le pire : la reconnaissance faciale retrouve tout instantanément.
Cet usage des algorithmes pour recycler des contenus intimes soulève un problème bien plus large. Les modèles de diffusion et les réseaux de neurones deviennent assez performants pour créer du contenu sexuel convaincant à partir de simples photos. Résultat : des centaines de femmes signalent chaque semaine avoir été victimes de cette forme de synthèse non consentie.
La vraie question n'est pas technologique.
La régulation traîne. Même quand le deepfake est avéré, les recours juridiques restent flous — est-ce du droit à l'image ? De la diffamation ? Du harcèlement ? Pendant ce temps, les outils circulent librement sur les forums spécialisés, et aucune plateforme majeure n'a d'API pour détecter ou bloquer le phénomène en amont.
La vraie question n'est pas technologique. C'est qu'on a des outils qui marchent très bien pour créer du contenu sexuel sans consentement, et qu'on refuse juste de les encadrer. Les victimes, elles, n'attendaient pas que la tech soit parfaite pour souffrir.

