Aswath Damodaran, professeur de finance à NYU, alerte sur un scénario de krach IA potentiellement plus dévastateur que l'éclatement de la bulle dot-com. La différence clé : l'IA repose sur une infrastructure physique massive financée par la dette — data centers, GPU, réseaux — là où les dot-com étaient du logiciel léger. Si ce château de cartes s'effondre, les pertes seront bien réelles et bien tangibles.
Damodaran soulève un paradoxe supplémentaire : même si l'IA réussit techniquement, le modèle économique dominant reste le remplacement d'emplois à grande échelle. Les entreprises investissent des milliards pour réduire les coûts salariaux, pas pour créer de la valeur nouvelle. Ce découplage entre rendement technique et création économique pose une question existentielle sur la viabilité du cycle de retour sur investissement.
Le risque n'est pas spéculatif : il est structurel. Les investisseurs ont financé une course aux armements en compute sans consensus clair sur le ROI réel. Les marges de profit attendues supposeront une adoption massive et rapide — une hypothèse fragile si les régulations se durcissent ou si les rendements stagnent.
Ce scénario ne prédit rien, mais oblige à poser les bonnes questions : qui absorbe les pertes si l'infrastructure IA devient obsolète ? Qui paie les licenciements massifs sans filet de sécurité social ? Et surtout, le marché a-t-il sous-estimé ce coût de transition ?



